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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /2008 18:03

 


Avec le soutien de la Région Poitou-Charentes, du LMS, de l'IUT de Poitiers-Châtellerault et du ministère de la Recherche, le CREPS (Centres Régionaux d'Education Physique et Sportive) et les laboratoires CNRS de l'Université de Poitiers ont créé ensemble un véritable pôle national de compétences en matière d'entraînement sportif et de formation à l'interprétation des données scientifiques, le CAIPS.
Depuis quelques années, le CAIPS invite des classes de collège à venir visiter leurs installations, pour qu'ils comprennent plus concrètement les mathématiques qu'ils étudient. Suite au succès de cette entreprise, le CAIPS a proposé à l'Ecole de la Deuxième Chance de travailler avec eux. La première visite a eu lieu le 31 mars et le 1 avril avec un groupe de huit stagiaires et une formatrice.

 

PREMIER JOUR


Nous sommes arrivés sur le site du CAIPS vers 8h45 où nous avons été accueillis par Mr JUNQUA Alain et Mr DECATOIRE Arnaud, tous deux scientifiques au sein du CAIPS.
Ils ont commencé par nous expliquer le fonctionnement du site et leur rôle à l'intérieur. Puis, après avoir enfilé une tenue de sport, nous avons débuté par une activité de saut en longueur. Nous avons tous effectué un saut en étant filmé par une caméra numérique reliée à un ordinateur où nous sommes également passés à tour de rôle pour lancer le programme. Suite à chaque saut, chacun d'entre nous a pu visionner sa performance, image par image, ce qui nous a servi à pratiquer certains calculs plus tard dans la matinée.
Pour bien comprendre que la distance que nous avons atteinte pouvait être améliorée, nous l'avons comparée au record du monde. Nous avons été impressionnés car le record se monte à environ 9 mètres, alors que Benoît, qui avait sauté le plus loin, n'avait atteint «que» 3 mètres 90.


Ensuite, Mr JUNQUA nous a enseigné les calculs à effectuer pour améliorer nos performances. Il nous a aussi expliqué ce que cela apportait aux sportifs de haut niveau et comment eux mêmes pouvaient améliorer leurs résultats grâce à une aide scientifique. Nous avons eu quelques difficultés à assimiler toutes ces données car c'était vraiment des calculs d'un haut niveau!! Mais cela nous a montré que certaines équations que nous considérions jusque là inutiles, avaient, en réalité, un grand sens concret dans le milieu du sport.
Et, pour finir la matinée, nous avons calculé les différentes forces qui nous ont permis d'essayer de sauter le plus loin possible grâce à certaines images de nous mêmes. Ces calculs ont mis en avant les défauts de notre saut respectif et de savoir comment ne pas refaire les mêmes erreurs et ainsi pouvoir sauter plus loin. Nous étions tous différents car certains devaient revoir leur propulsion horizontale et d'autres leur propulsion verticale (ou encore autre chose).

 

Nous avons commencé l'après midi par finir nos calculs, puis Mr JUNQUA et Mr DECATOIRE nous ont montré ce qu'ils pouvaient calculer dans différentes disciplines sportives. Par exemple, ils nous ont expliqué le calcul de la trajectoire d'un ballon de basket lors d'un lancer d'une ligne à trois points. Tous ces calculs nous ont été très durs à comprendre car cela en faisait beaucoup dans un laps de temps assez court.
Nous avons, par la suite, essayé d'améliorer nos performances, en appliquant tout ce que nous avions appris avec les résultats des calculs que nous avions eus juste avant. Cela fut une réussite, plus ou moins importante, pour chacun d'entre nous. Benoît, celui qui saute le plus loin, a atteint 4 mètres 60. Mr DECATOIRE nous a ensuite montré comment nous avions réussi à mettre en application les résultats que nous avions obtenus et ce qu'il nous restait à mettre en œuvre pour aller encore plus loin.
Nous avons été fiers de nos progrès, même si nous sommes encore loin du record du monde ! Le plus impressionnant était de pouvoir détailler chaque mouvement que nous faisions dans notre phase aérienne.


DEUXIEME JOUR


Le matin du deuxième jour, nous avons testé une machine inventée par le CAIPS, nommée le NAGERO. Ce nom signifie nage-air-eau. La machine permet de se trouver en position pour nager, mais sans eau. Tout se déroule en l'air. C'est-à-dire que la personne installée sur le NAGERO a tout le bas du corps posé sur un chariot avec le bassin sur une partie instable pour avoir la sensation d'être réellement dans l'eau. Le haut du corps est, quant à lui, dans le vide soutenu par un harnais. Aux mains, on place des plaquettes reliées à des poulies mobiles pour augmenter l'envergure des mouvements. Ces plaquettes sont également reliées à des capteurs envoyant des informations à un ordinateur qui calcule les différentes forces employées par nos bras lorsque l'on nage. De l'ordinateur, on peut contrôler la difficulté grâce aux freins composés d'un ventilateur et d'un frein magnétique.
Pour cette activité, nous sommes à nouveau passés chacun notre tour. Lors de cet exercice, Mr DECATOIRE n'a placé aucune difficulté pour les filles et une difficulté de niveau deux pour les garçons. Tous autant que nous sommes, nous avons eu des difficultés pour nager, alors que les champions s'entraînent avec une difficulté de niveau cinq.
De cette machine sortent beaucoup d'informations représentées par différents graphiques. Pour mieux comprendre les résultats calculés par l'ordinateur, on nous a demandé de calculer une partie d'un graphique. Nous avons appris que l'ordinateur effectuait plusieurs fois le même calcul pour sortir tous les graphiques. Une fois que nous avions compris cela, Mr DECATOIRE nous a expliqué, de façon individuelle, le rapport entre chaque graphique et comment exploiter cela pour avoir de meilleures performances.
Les calculs ayant pris un temps assez long, nous n'avons pas essayé une seconde fois le NAGERO.

Cet après midi là, nous avons couru. Nous avons commencé par déterminer notre foulée moyenne, c'est-à-dire la distance que l'on parcourt en un seul pas quand on court à une allure de joggeur. Ce ne fut pas une chose aisée pour ceux qui n'avaient pas l'habitude de courir car il fallait une vitesse que l'on pourrait tenir sur une longue distance. Nous avons dû nous y reprendre à plusieurs reprises pour que tout le monde ait une allure de jogging.
Ensuite, Mr JUNQUA nous a fait courir sur une boucle de 300 mètres, qui était très ancienne et très abîmée. Il nous a donné un podomètre à accrocher à la ceinture, pour connaître le nombre de foulée qu'il faut pour parcourir les 300 mètres. Il voulait également nous prouver que ce genre d'appareil n'est pas fiable. Il n'avait pas tort car aucun de nous n'avons eu le nombre de foulée qu'il aurait dû obtenir avec le calcul de ses foulées, et nous avons parcouru plus ou moins de 300 mètres mais jamais la distance exacte et jamais la même qu'un autre stagiaire.
Pour mieux comprendre les mouvements durant une course, nous avons recommencé les expériences devant une caméra. Nous courions à une allure de joggeur, puis en sprint devant la caméra. Nous avons découvert, en découpant nos courses image par image, que lors d'une course, le temps où les pieds se trouvent au sol est plus long que le temps en l'air. C'est une chose étrange car en courant, tout le monde à la sensation de voler, ce qui est entièrement faux. 


Pour finir ces deux jours, nous sommes allés voir un entraînement de tennis au sein du CREPS. Nous avons été impressionnés par les capacités sportives de ces jeunes joueurs, ce sont tous des champions en herbe. Nous avons demandé à Mr DECATOIRE si à chacun de ces sportifs, ils expliquaient ce qu'ils nous avaient appris durant ces deux jours. Il nous a répondu que non, qu'ils ne faisaient que répondre à leurs interrogations lorsque les sportifs, les entraîneurs ou parfois les fédérations en avaient.


Il est ressorti de ces deux jours que certains d'entre nous avaient acquis plus de confiance en eux car ils sont allés au bout de toutes leurs démarches, malgré la difficulté. Nous avons également tous appris à avoir un esprit critique et vouloir comprendre plus profondément un phénomène quel qu'il soit, donc de vouloir comprendre ce qui nous entoure, de ne plus être des consommateurs mais des acteurs de notre environnement.                                               


                                                                                                                                                              

 

Par Christophe Ingrand - Formateur référent - Publié dans : Raphaël Laplace, stagiaire
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